Présentation 

Le terme permaculture est une contraction de l'expression "permanent culture", introduite par deux Australiens - David Holmgren et Bill Mollison dans les années 1970, pour synthétiser un système intégré conçu pour répondre au sérieux défi de la survie de l'ensemble de la planète et de ses habitants. Dépassant largement la préoccupation de développer et d'appliquer des méthodes de production alimentaire soutenables, la permaculture touche à tous les aspects de l'activité humaine qui mettent en péril l'équilibre dynamique des relations et interractions permettant la vie sur terre : c'est la CULTURE de la PERMAnence ou "la création soutenable de l'habitat en suivant le modèle naturel".

La permaculture, ou quelque chose s'en approchant, a été pratiqué depuis des milliers d'années dans différentes parties du monde, par des gens n'ayant jamais entendu parler du mot "permaculture". Par exemple, le peuple Chagga au nord de la Tanzanie et les habitants de la région de Kandy au Sri Lanka ont cultivé des jardins qui sont en fait des versions modifiées de la végétation forestière naturelle. Ces copies de forêt naturelle permettent à ceux qui les entretiennent de s'alimenter (céréales, fruits, légumes), de s'habiller(fibres naturelles), de se soigner (plantes médicinales) et de se chauffer au bois.

Le japonais Masanobu Fukuoka a pratiqué des les années 1940 une agriculture sauvage, proche des principes de la permaculture.

Les principes 

La permaculture se base sur trois principes ethiques:

  • Prendre soin de la Terre
  • Prendre soin des humains
  • Limiter la consommation/redistribuer les surplus

La permaculture est une méthode de conception (design) pour créer des environnements humains soutenables, en harmonie avec la nature. La permaculture se concentre sur les relations entre les différents éléments d'un système (maison, propriété, village) et de leur place dans le paysage.

Elle vise à créer un système nourricier diversifié et stable, proche des écosystèmes naturels dont la diversité semble être le meilleur atout contre les maladies, intégrant plantes pérennes, arbres fruitiers, animaux..

Principes de conception

Les 12 points clé :


  • Observer et interagir
  • Récupérer, emmagasiner et recycler les énergies
  • Obtenir une production
  • Appliquer l'autorégulation et accepter les rétroactions
  • Utiliser et mettre en valeur les ressources et services renouvelables
  • Ne pas produire de déchets
  • Concevoir de la structure aux détails
  • Intégrer plutôt que séparer
  • Des solutions petites et lentes
  • Utiliser et mettre en valeur la biodiversité
  • Utiliser les frontières (ex. lisières) et mettre en valeur le marginal
  • Utiliser et répondre aux changements avec créativité

Mais aussi :


  • Concevoir les positions relatives des éléments de l'écosystème (faune, flore, énergie, etc)
  • Chaque élément a des fonctions multiples (ex. coupe-vent, engrais naturel, fourage, aliment, support de plante grimpante, etc)
  • Chaque besoin est satisfait par des sources multiples
  • Concevoir l' implantation des éléments en fonction de la fréquence d'usage, des micro-climats, etc
  • Utiliser les resources biologiques
  • Empiler verticalement les composants de l'écosystème (ex. arbres plus ou moins grands, buissons, herbes, racines, plantes grimpantes)
  • Anticiper et concevoir les successions naturelles des espèces dans le temps

Caractéristiques fréquentes de permacultures :


  • Usage important du mulching (couverture des sols avec des déchets végétaux afin de garder l'humidité, protéger des mauvaises herbes, apporter de l'engrais...)
  • Rôle majeur des arbres et espèces pérennes (noix, fruits, etc)
  • Faible densité de forêts pour développer les étages plus bas
  • Création de lisières et de haies (diversité des espèces présentes et meilleure productivité)
  • Implantation de micro-climats (par des coupes-vents, des étangs, la topographie, les ombres...)
  • Importance de l'apiculture et des animaux de ferme
  • Planification de parcours pour les animaux (afin qu'ils se nourrissent et déposent leurs engrais tous seuls)

La méthode :


  • Observation (au moins un an en théorie)
  • Bordures et limites
  • Ressources
  • Evaluation
  • Conception
  • Mise en place
  • Maintenance

Agriculture sauvage 

Près d'un petit village de l'île de Shikoku, au sud du Japon, Masanobu Fukuoka a développé une méthode d'agriculture naturelle qui pourrait aider à inverser le mouvement dégénéré de l'agriculture moderne. L'agriculture sauvage ne nécessite ni machines, ni produits chimiques et très peu de désherbage. M. Fukuoka ne laboure pas la terre et n'utilise pas de compost préparé.

Il n'a pas labouré la terre de ses champs depuis 25 ans et cependant leur rendement peut être favorablement comparé à ceux des fermes japonaises les plus productives. Sa méthode agricole demande moins de travail qu'aucune autre méthode. Elle ne crée aucune pollution et ne nécessite pas d'énergie fossile.

À strictement parler, la seule agriculture "sauvage" est la chasse et la cueillette. Faire pousser des récoltes agricoles est un changement culturel qui requiert de la connaissance et un effort constant. La distinction fondamentale est que M. Fukuoka cultive en coopérant avec la nature plutôt qu'en essayant de l' "améliorer" par la conquête.

Quatre principes :

Ne pas cultiver
Le premier principe est de ne pas cultiver, c'est-à-dire ne pas labourer ou retourner la terre. Pendant des siècles, les agriculteurs ont tenu pour établi que la charrue était essentielle pour faire venir des récoltes. Cependant, ne pas cultiver est le fondement de l'agriculture sauvage. La terre se cultive elle-même, naturellement, par la pénétration des racines des plantes et l'activité des micro-organismes, des petits animaux et des vers de terre.

Pas de fertilisant chimique ou de compost préparé
Le second est pas de fertilisant chimique ou de compost préparé. Pour fertiliser, M. Fukuoka fait pousser une légumineuse en couverture du sol, le trèfle blanc, remet la paille battue sur les champs et ajoute un peu de fumier de volaille. Les hommes brutalisent la nature et malgré leurs efforts ils ne peuvent pas guérir les blessures qu'ils causent. Leurs pratiques agricoles insouciantes vident le sol de ses aliments essentiels et l'épuisement annuel de la terre en est la conséquence. Laissé à lui-même, le sol entretient naturellement sa fertilité, en accord avec le cycle ordonné de la vie des plantes et des animaux.

Ne pas désherber
Le troisième est ne pas désherber au cultivateur ni aux herbicides. Les mauvaises herbes jouent leur rôle dans la construction de la fertilité du sol et dans l'équilibre de la communauté biologique. C'est un principe fondamental que les mauvaises herbes doivent être contrôlées, non éliminées.

Pas de produits chimiques
Le quatrième est pas de dépendance envers les produits chimiques. M. Fukuoka fait pousser ses récoltes de céréales sans produit chimique d'aucune sorte. Sur quelques arbres du verger, il a occasionnellement recours à une émulsion d'huile de machine pour contrôler la cochenille (insect scales). Il n'utilise pas de poison persistant ou à large spectre, et n'a pas de « programme » pesticide Depuis le temps que les plantes faibles se sont développées, conséquence de pratiques contre nature telles que le labour et la fertilisation, la maladie et le déséquilibre des insectes sont devenus un grand problème en agriculture. La nature, laissée seule, est en parfait équilibre. Les insectes nuisibles et les maladies des plantes sont toujours présents, mais n'atteignent pas, dans la nature, une importance qui nécessite l'utilisation de poisons chimiques. L'approche intelligente du contrôle des maladies et des insectes est de faire pousser des récoltes vigoureuses dans un environnement sain.

Cet article est largement inspiré de deux article d'Ekopedia (permaculture et agriculture sauvage) qui met à disposition son contenu sous Licence Art Libre v1.2